infernium Infernium

Genre : exploration difficile

Prix : 23€

Sorti en 2018

Durée de vie : l'allé et retour dans cet enfer bucolique vous prendra entre 10 et 15 heures.

Infernium dispose comme atout d'une direction artistique très réussie, avec des graphismes propres et des environnements très beaux, bien qu'un peu vides.
Il se revendique de Dark Souls, de par sa difficulté, ses monstres qu'on doit fuir, son level-design tortueux et son ambiance vaguement horrifique. On est plongé sans explication dans un monde inconnu, et on doit se débrouiller seul. Le game-design s'articule selon un principe simple : plus l'endroit est beau, plus il est dangereux. Sur le papier, c'est plutôt alléchant.

Il y a juste un petit problème : Infernium a oublié d'être fun.

La raison est très simple et tient d'un gameplay ultra rigide. Votre personnage est LENT. La vitesse est celle d'un petit trot, vous ne pouvez pas sprinter, pas sauter, et la moindre de vos actions - actionner un levier, utiliser le pouvoir de téléportation, récolter des ressources - prend plusieurs secondes à réaliser.

La difficulté est très male dosée, les checkpoint éloignés les uns des autres, couplés à un personnage qui se traîne dans des espaces très grands rendent la mort très punitive pour le joueur qui devra se recoltiner de longs chemins, en se payant de nouveaux les mêmes monstres immortels à esquiver, les mêmes ascenseurs et portes à ouvrir, à raison de 5 à 20 secondes chaque. D'ailleurs, il n'y a pas non plus de voyage rapide entre les checkpoints. Ah, et il y a aussi un système de permadeath.

Du fait de la rigidité de votre personnage, la seule façon de jouer contre la plupart des monstres consiste à courir plus vite en espérant ne pas se faire attraper ni tomber dans un cul de sac. S'il vous touche c'est la mort ; pas d'esquive, pas de feinte ; ce sera écran noir et retour au dernier chekpoint (après un passage redondant dans une sorte de limbe).

C'est simple : quand tu es développeur, que ton joueur en vient à télécharger un patch pour retirer tous les monstres du jeu - patch que tu as TOI-MÊME développé, c'est bien qu'il y a un problème, non ?

Et du coup, que devient le jeu dans cette version sans monstres ? Et bien globalement un walking simulator enrichi de quelques interactions avec le décor et d'un pouvoir de téléportation. Il reste très beau et devient moins chiant (mais il reste chiant tout de même). Comme beaucoup d'autres jeux, l'histoire se raconte par des notes écrites. Celles-ci ne figurent pas sur de bêtes parchemins à collecter, mais sont tracées sur les murs et parfois même au sol. Elles sont de plus numérotées ; cela nous permet de faire les zones dans l'ordre, la difficulté allant en augmentant. Astucieux.
Il n'y a qu'un seul genre d'énigme, avec des feux à activer. C'est lent et pénible, on s'y reprend à plusieurs fois, car il y a des feintes. Je n'ose imaginer l'arrachage de cheveux si je l'avais fait avec les monstres en sus. Je crois que je serais devenu chauve.

Si j'ai beaucoup d'heures dessus, c'est que j'ai galéré à trouver la sortie des Cavernes Humides (tu as le droit de faire une blague de cul), et qu'à 15€ (soldé) je tiens quand même à voir la fin.
Si vous aimez les challenges déraisonnables, foncez. Autrement, tournez-vous vers le premier jeu du développeur - Mind : Path to Thalamus - qui dispose d'une ambiance assez semblable, mais est moins cher et plus facile.

Dommage, ce jeu avait d'excellents atouts pour convaincre.

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Infernium vous plaira si :
– vous n'aimez pas être pris par la main,
– vous êtes un amateur de défis hardcore,
– vous avez de la patience à revendre,
– la beauté des environnements est une source suffisante de motivation.

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