Kairo Kairo

Genre : puzzle surréaliste

Prix : 5€

Sorti en 2013

Durée de vie : environ 4 heures.

Une chose est claires dès les premières secondes du jeu : Kairo ne plaira qu'à très peu de joueurs. Certes, il a eu son petit succès ; mais même parmi ceux qui ont sorti la CB, une bonne partie s'en sont trouvé déçus. L'ennui et l'incompréhension sont les principaux reproches. Et on peut le comprendre.

Il faut dire que c'est un jeu très conceptuel, autant d'un point de vue graphique que sonore, que les couleurs vives et les sons étranges ne seront pas du goût de tout le monde. On commence près d'une structure grossière, perdue au milieu d'un vide blanc. Plus loin on aperçoit un bâtiment gris à l'intérieur duquel se rendre. On vogue alors de pièce en pièce en traversant des portails. Les salles sont souvent d'une taille colossale, chacune avec une teinte tranchée – vert, rouge, jaune, orange... Absence totale d'élément organique, aucun mobilier, juste du minéral ; des murs aux textures minimalistes, des angles aigus, des formes cubiques... et du vide. Le vide, d'ailleurs, on flirte souvent avec, mais heureusement la chute n'est pas punitive, et nous sommes aussitôt ramené sur le rebord.
Néanmoins, il faut dire que ces gigantesques espaces remplis de rien sont à mon sens bien plus perturbants que ne le serait un château perdu au fin fond de la Valachie.

Rapidement, l'on découvre certaines énigmes à résoudre. Aucun indice, aucune note, tout se fait par l'essai et les réactions sonores ou visuelles que nos gestes produisent. De ce point de vue, Kairo s'en tire très bien. La plupart des puzzles se comprennent vite, et pour ceux qui posent problème, le menu permet d'accéder à des astuces.

Au fur et à mesure de nos pérégrinations et du résultat de nos actions, l'on finit par se faire une idée de la raison de notre présence ici. On extrapole, on imagine... jusqu'à atteindre la fin qui nous donne une réponse satisfaisante, quoiqu'elle reste ouverte à interprétation selon le raisonnement de chacun.

Je ne sais pas pourquoi, cet univers froid et austère m'a fait penser aux BD d'Enki Bilal, donc si vous aimez l'un, vous devriez aimer l'autre.

pouce bleu

Kairo vous plaira si :
– vous amateur d'art moderne ou de cinéma expérimental,
– vous êtes prêt à vous départir de tout ce qui fait un jeu "normal" (action, narration, antagoniste...),
– vous recherchez un jeu d'énigmes à la difficulté raisonnable.

Kairo Kairo Kairo Kairo