Oh My Gore ! Oh My Gore !

Genre : tower defense

Prix : 2€

Sorti en 2016

Durée de vie : environ 5 heures pour terminer la campagne.

Oh My Gore ! le tower defense dans lequel vous aller verser des cuves de sang et reteindre le sol en rouge. Chaque unité y va de sa propre animation de mort, toujours plus sanglante et grotesque. Les chevaliers finissent coupés en deux, les minotaures tombent en laissant échapper leur entrailles, les paladins perdent leur tête et les dames de fer se lacèrent le visage avant de choir...
Mais pourquoi tant de violence ? Sans doute parce que vous prenez les commandes de l'armée de Raelius, le dieu de la guerre tout juste sorti de sa prison grâce à un archéologue humain qu'il change aussitôt en squelette pour en faire son bras droit.

Ainsi, la campagne de 20 niveaux est scénarisée – ce qui n'est pas si commun chez les tower defense. Le ton est léger et décalé, à la manière d'un bon vieux Dungeon Keeper (que Oh My Gore ! tacle dans sa description magasin, mais sans le citer). Raelius a perdu la mémoire, et cherche à identifier les responsables de son enfermement pour mieux se venger. Le début de chaque niveau est l'occasion d'un échange savoureux entre les différents personnages. Letchett l'archéologiste, par exemple, se lamente régulièrement de sa nouvelle condition de squelette et des désagréments que cela lui cause.
Les personnages sont bien développés et attachants. Malgré les apparences, il y a une certaine maturité dans l'écriture.

Outre les flots de sang versés (qui constituent une ressource à dépenser entre deux niveaux pour, entre autres, renforcer les statistiques des bâtiments et des troupes), la partie gameplay nous permet de recruter nos propres vagues de troupes pour détruire la base ennemie. Il faut pour cela dépenser de la nourriture – l'or étant réservée aux tours de défense. Bien entendu, vous ne contrôlez pas vos unités, vous ne pouvez que choisir leur direction quand plusieurs voies sont possibles.
Mais si la base et les tours ennemies sont destructibles, cela signifie que les vôtres le sont aussi. Certaines troupes se contentent d'avancer en ligne droite en subissant tous les tirs de projectiles, mais d'autres prendront soin de tout démolir sur leur passage, et vous devrez donc surveilleur leur progression.
Tout cela permet d'apporter un peu de variété au gameplay classique d'un tower defense et de proposer des objectifs variés au sein de la campagne ; avec des niveaux qui vous demanderont tantôt de résister aux vagues ennemies, tantôt de purger vous-même toute la carte.

Visuellement, malgré un certain sens du détail, Oh My Gore ! manque cruellement d'identité. D'abord, les paysages ne sont pas très inspirés et les mouvements des unités sont un peu rigides. Mais surtout, la thématique high fantasy du jeu est beaucoup trop commune ; avec ses elfes, ses nains, ses chevaliers et ses orcs. Seules les animations de mort grotesques lui permettent de se démarquer – mais passée la découverte, on n'y fait plus attention.
Les bruitages manquent de consistance, la musique est un peu légère, mais certains thèmes restent dans la tête. Les dialogues (en anglais, avec un registre de langage soutenu) ne sont pas doublés.

Oh My Gore ! se retrouve cruellement tiraillé entre une certaine orignalité (le pixel art, le gore, la possibilité de recruter ses troupes, la campagne scénarisée et l'humour) et une trop grande banalité (high fantasy d'usine, décors fades, sound design qui manque de punch) ; la seconde gommant en grande partie les qualités de la première. Cela un bon jeu de tower defense, modeste mais généreux, et qui pourra tout à fait divertir les amateurs du genre.

pouce

Oh My Gore ! vous plaira si :
– vous recherchez un petit tower defense au charme retro,
– vous aimez être du côté des méchants.

Oh My Gore !

Oh My Gore !