Quand Georges Samsa se réveille dans la peau d’une vermine monstrueuse, il n’a qu’une préoccupation en tête ; se lever pour se rendre au travail.
Le pitch
Un matin, sans aucune raison particulière, Georges Samsa se réveille dans un nouveau corps. Il s’est transformé en un monstrueux insecte à taille humaine. Moins inquiété par sa condition que par le risque d’arriver en retard au travail (le réveil n’a pas sonné), Georges tente de sortir de sa chambre. Mais l’opération s’avère particulièrement difficile, car il doit apprivoiser son nouveau corps, ses innombrables pattes et sa voix rauque.
Les membres de sa famille s’inquiètent de sa santé, tambourinent à la porte, l’appellent. Georges fait tout ce qu’il peut pour sortir de son lit et leur ouvrir, mais quand enfin il y arrive, c’est pour se faire aussitôt claquer la porte au nez. Commence alors sa nouvelle vie de monstre retranché dans sa chambre…

extrait de l’adaptation en BD — La métamorphose (Corbeyran/Horne)
La vraie métamorphose n’est pas celle que l’on croit
Comme toujours, avec Kafka, ce conte est ouvert à de multiples interprétations.
D’abord, il y la personnalité de Georges Samsa, un homme qui tient sa famille à bout de bras puisqu’il est la seule source de revenus de la maison. Cet employé besogneux passe moins de temps à s’inquiéter pour lui-même que pour sa famille qui va devoir apprendre à s’en sortir sans lui.
Et c’est là qu’on assiste à la seconde métamorphose du conte ; celle-ci n’est pas physique, mais morale. Le père, la mère et la sœur de Georges Samsa vont peu à peu apprendre à faire face à cette nouvelle réalité qui s’est imposée à eux. Face à l’impossibilité de trouver une solution pour faire revenir Georges dans son dans sa forme naturelle, ils vont finalement en venir à le considérer comme un poids et envisager de s’en débarrasser… La métamorphose, c’est aussi la leur.
Conclusion
Il ne vous faudra qu’environ deux heures pour lire ce conte, mais il vous donnera matière à penser pour des semaines. C’est la force de Kafka. On recense déjà 128 interprétations de La Métamorphose, et ce n’est pas fini !
Et vous, quelle sera la vôtre ?

La métamorphose : illustration par Santiago Caruso



